Conseil BCE associés n° 5
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NewsLetter du site bce-associes.com - n° 379 - envoyée le 03/03/2010 17:34:40 .

 Aide à la création et reprise entreprise: indemnités ou capital ?
Pour les repreneurs potentiels, personnes physiques inscrites à Pôle emploi, l’effet de levier n’est pas neutre en relation avec le choix offert privilégiant le maintien des indemnités pendant 15 mois ou le versement d’un capital égal à la moitié des indemnités totales restant dues. L’option est à prendre avant de créer toute entreprise ou toute holding dédiée à la reprise d’une entreprise.
Les créateurs qui tablent sur une rémunération faible ou voisine de zéro pour ne pas obérer leurs trésoreries au démarrage de leurs activités auront plus tendance à retenir la première piste afin de mieux réguler leurs revenus de remplacement sur la durée. Ceux qui retiendront la voie N°2 c’est-à-dire le capital passeront impérativement par le dispositif Accre.
Pour les personnes de plus de 50 ans, le versement du capital forme un levier pour renforcer leurs apports financiers réservés au projet de reprise dans la mesure où les droits maximaux courent sur une période de 36 mois. Le montant du capital est versé en deux fois dans un intervalle de six mois. Depuis le 1er Janvier 2010, les mesures d’accompagnement permettent aux porteurs de projets accédant au plan rebaptisé Nacre, de bénéficier complémentairement d’un prêt à taux 0 pour un montant plafonné à 10 000 €.
En somme, un dispositif à deux ressorts pour servir de tremplin à ceux qui ont la fibre immédiate pour créer une activité ou focaliser leurs démarches sur la reprise d’une entreprise existante. Les motivations, les personnalités, les énergies sont de nature à faire aboutir dans des délais optimaux ces coups de pouce.

 

  Le scan de la cible: la confrontation des chiffres fait jaillir la lumière
Le bilan et les comptes annexes constituent un polaroid à un instant T en correspondance avec la date officielle de clôture de l’exercice comptable de l’entreprise. En reprenant les données, il est judicieux de vérifier que la comparaison est directement possible compte tenu de la durée standard des différents exercices afin de dégager des variations réellement significatives. Des modifications dans les dates de clôture exigent de bien cerner le motif de ces changements et de mesurer l’impact direct sur les comptes. Dans un contexte de périodes fluctuantes, des ajustements s’avèrent nécessaire afin de retrouver de vraies bases et des points de comparaison fiabilisés. Les investissements réalisés, les modifications substantielles du BFR, le report de charges et des dotations aux provisions, sont de nature à biaiser subtilement les résultats intermédiaires. Naturellement, le pointage des différents comptes et postes conduit à mettre en exergue les variations et à demander des éclaircissements.
Repreneurs comme cédants ont intérêt à pratiquer un langage de vérité afin de gagner du temps en bâtissant un réel climat de confiance. Les habillages de circonstance (mariée trop grimée) desservent l’attractivité du dossier et le bidouillage des chiffres ne résiste pas aux audits conduits par le repreneur et ses conseils. La tenue des comptes de l’entreprise est du reste souvent, à l’image du ou des cédants. Un adage rappelle sans faiblir que la première impression est généralement la meilleure et elle contribue à mesurer le bon feeling. L'acuité du flair devient plus que jamais un sens qui pèse assurément lourd lors du premier contact.

 

  Baromètre conjoncturel: cause et effets sur le marché de la reprise
Le coup de torchon résultant du tsunami provoqué par les subprimes en octobre 2008 a pour eu effet de briser les performances de multiples secteurs d’activité en 2009. Une baisse comprise entre -15% à -20% se détache lors de l’entame des comparaisons des seuls CA consolidés des PME PMI clôturant leurs bilans fin du 3ème trimestre ou pour majorité au 31 Décembre 2009. Les banques et les sociétés d’assurance crédit ont depuis recommencé à passer à la moulinette les comptes de leurs clients pour revenir sur des engagements tels que les lignes de trésorerie, les lignes d’escomptes, les encours fournisseurs, les notations banque de France. Les premiers chiffres publiés par de grands groupes nationaux hyper médiatisés indiquent, des résultats 2009 en fort conséquent. Les chiffres en pied de page ont souvent fondu comme neige par rapport aux exercices antérieurs suite à des stocks à déprécier (matières premières dont les cours se sont effondrés) et/ou provisions pour risques clients.
Les banques avaient pris les devants depuis plusieurs mois en rechignant à jouer leurs rôles habituels malgré de généreuses déclarations devant micros et caméras prônant la disponibilité et la très grande ouverture des portes des différentes enseignes aux entreprises.
Les chargés de clientèle bancaire ont dans la réalité des pouvoirs de plus en plus pincés et les délégations sont fréquemment réduites à peau de chagrin. Les coupes à la hache dans les concours bancaires accordés aux entreprises ont déjà causé des dégâts collatéraux en envoyant au pilori les entreprises les plus vulnérables au plan trésorerie.
Le début d’affichage de ces comptes 2009 concourt à freiner sèchement le marché des transmissions d’entreprises tant côté offres que recherches. A noter cependant que les prétentions exagérées des cédants ne seront plus désormais défendables ce qui aura pour effet d’éliminer des étagères les dossiers dont les valorisations sont injustifiées et injustifiables. Les repreneurs vont par conséquent aborder avec plus de sérénité les offres dans la mesure où leurs profils seront en adéquation avec des cibles qui vont avoir un besoin de sang neuf pour affiner leurs positionnements, leur plans d’actions et les ajustements opérationnels.
L’inspiration des repreneurs dopée par une clairvoyance et un réalisme de circonstance, aiguillonnera les cédants -dont le nez est trop soudé au guidon- à choisir une porte de sortie somme toute honorable en assurant un accompagnement qualitatif pour garantir la bonne pérennité de leurs outils. Le BCA (binôme contextuel ajusté) va donc devenir en 2010 une opportunité plus qu’un sévère renoncement.

 

  L’accompagnement post-cession: choix d’un mécanisme souple et huilé
La qualité de la transmission de l’entreprise repose avant tout sur un accompagnement ajustable en relation avec une impérative lucidité. Une passation soft entre cédant et repreneur permet à ce dernier de se faire la main à son rythme et ce d’autant plus s’il n’est pas réellement du métier. La préparation de cette étape implique une excellente osmose entre cédant et repreneur: elle est à discuter très en amont pour un calibrage optimal qui tient compte de la taille et de l’organisation de l’entreprise. Il s’agit de calibrer l’accompagnement et de le détailler avec soin dans le protocole d’accord. Les modalités pratiques sont à convenir entre les parties et leurs scellements est incontournable « tout ce qui ce conçoit bien s’énonce clairement ».. La durée tout comme les objectifs de cet accompagnement sont à synchroniser. La transmission de l’entreprise réclame une prise de greffe managériale ultra-rapide afin de lever toute ambigüité sur la direction réelle de l’entreprise reprise. La confiance impulsée d’emblée par le repreneur vise à rassurer le personnel qui doit trouver ici une reconnaissance ; il va de soi que ce changement ne doit pas chambouler les relations avec les clients. La révolution « culturale » dans l’entreprise si tant est qu’elle soit nécessaire, se fera après une période probante d’écoute et d’observation. Le cédant a besoin d’intégrer le fait qu’il devra accompagner son dauphin en étant à sa disposition de façon discrétionnaire. La bonne communication sera la clef de voute du succès de la transition.
A dater de la reprise effective, la présence physique du cédant dans l’entreprise ne doit pas brouiller la reconnaissance du repreneur tant vis-à-vis du personnel que des clients ou encore des fournisseurs. Il est courant de reconnaître dans la période de transition 2 phases: la première passe par une information précise et approfondie sur les tous dossiers afin que le repreneur prenne entièrement ses marques et puisse connaître le fonctionnement précis de l’entreprise au quotidien. Bien que le niveau de technicité de l’entreprise puisse avoir une influence sur le délai, cette période d’apnée dure au plus 3 à 4 semaines. La phase 2 prépare le détachement physique du cédant de l’entreprise: sa présence non régulière dans les murs et une tenue à disposition contribue à installer définitivement le cessionnaire dans le fauteuil du cédant pour prendre solidement en main le relationnel avec les équipes et éviter de s’enfermer à double tours dans une cathédrale de verre.
Attention aux tableaux croisés dynamiques qui veulent remplacer trop vite le crayon gomme utilisé précédemment par le cédant. La technique à tout crin peut devenir très vite un gros caillou dans la chaussure du repreneur car l’enjeu immédiat de la reprise est de perpétuer trois choses: le CA, le CA et le CA!.

Retrouvez sur www.bce-associes.com les différents dossiers qui ont fait l’objet d’actualisations très récentes.
A bientôt pour d’autres news du front de la reprise et transmission.

 

 
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